Select Page

UN PROGRAMME D’ACTION POUR L’HUMANITÉ

En vue du Sommet humanitaire mondial, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a présenté son Programme d’action pour l’humanité, axé sur cinq responsabilités fondamentales.

Cinq responsabilités fondamentales

Le monde est aujourd’hui confronté à des besoins humanitaires sans précédent. De la crise en Syrie à la sécheresse en Éthiopie, en passant par les violences au Soudan ou dans la région du Lac Tchad, plus de 125 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire et d’une protection.

Face à cette évolution, la communauté internationale doit continuellement rechercher de meilleures solutions pour répondre aux besoins de celles et ceux qui sont touchés par les conflits et les catastrophes.

Le Sommet humanitaire mondial est une initiative du Secrétaire général de l’ONU, mise en œuvre par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Cette initiative est le résultat d’intenses préparations et de consultations ayant impliqué plus de 23.000 personnes dans près de 150 pays. Le Sommet aura lieu les 23 et 24 mai 2016 à Istanbul, en Turquie.

Pour la première fois depuis 70 ans, il réunira les Chefs d’État et de Gouvernements, les organisations humanitaires, les personnes touchées par les crises humanitaires, ainsi que de nouveaux partenaires comme le secteur privé, pour proposer des solutions audacieuses aux défis les plus urgents et établir un programme d’action efficace en vue de renforcer l’avenir de l’action humanitaire.

En vue du Sommet d’Istanbul, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a présenté son Programme d’action pour l’humanité, appelant les États à s’unir et à coopérer pour prévenir et mettre fin aux crises et réduire les souffrances et la vulnérabilité des peuples. Ce programme servira de base aux travaux du Sommet humanitaire mondial. Il est axé sur cinq responsabilités fondamentales :

#1

UNOCHA_logo_coreResp-01Faire preuve de volonté politique pour prévenir et faire cesser les conflits

Mettre fin aux souffrances humaines suppose des solutions politiques, une communauté de but, une impulsion politique soutenue et un investissement dans des sociétés pacifiques et inclusives.

Les dirigeants politiques – y compris les membres du Conseil de sécurité – doivent se montrer plus déterminés, plus audacieux et plus désireux d’user de leur influence par tous les moyens possibles pour mieux aider les personnes qui en ont besoin. Ils doivent s’occuper activement de prévenir les conflits et renforcer leurs capacités d’analyser les risques et de surveiller les situations qui se détériorent. Une action plus rapide et plus unifiée pourrait grandement contribuer à prévenir et désamorcer les crises et à sauver des vies. Mais pour réussir, la prévention et le règlement des crises et des conflits supposent une forte participation des populations et de la société civile aux processus politiques et de gouvernance.

07-27-ocha-yemen

Abou Mohamed, un ancien ingénieur, montre à des membres du personnel de l’ONU sa maison détruite à Sanaa, au Yémen. « La sécurité, c’est la seule chose dont nous avons besoin. La sécurité et la protection. Le reste n’est pas important. Imaginez que votre enfant est face à vous. Il a faim mais vous ne pouvez pas le nourrir. Il a peur mais vous ne pouvez pas le protéger. Les gens au Yémen ont désespérément besoin d’aide. Ils ont besoin de la communauté internationale pour les soins; ils ont besoin de la communauté internationale pour arrêter ce conflit. »

— Photo OCHA/Charlotte Cans

#2

UNOCHA_logo_coreResp-02Faire respecter les normes qui protègent l’humanité

Même les guerres ont des limites : pour réduire autant que possible les souffrances humaines et protéger les civils, il faut mieux faire respecter le droit international.

Au cours des 150 dernières années, des efforts considérables ont été déployés pour consolider les cadres juridiques internationaux régissant les règles de la guerre, assurant la protection des civils, restreignant l’utilisation et le transfert de certaines armes et munitions, établissant des mécanismes de surveillance des droits de l’homme et des tribunaux chargés de juger les plus graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme.

Partout dans le monde, le respect du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme est foulé aux pieds de façon éhontée et brutale. Chaque jour, des civils sont délibérément ou aveuglément blessés ou tués. Des écoles, des hôpitaux et des lieux de culte sont bombardés à une fréquence et avec une violence alarmantes.

La brutalité des conflits armés actuels et le mépris total des règles fondamentales du droit international humanitaire en matière de prise en charge des blessés et des malades, de traitement humain et de distinction entre civils et combattants risquent de réduire à néant 150 ans de progrès et de provoquer un retour à une ère caractérisée par des guerres sans limites.

Gennadiy

Gennadiy, un ancien mineur, était avec sa femme lorsqu’elle a été tuée par les bombardements en Ukraine. « Nous étions en train de faire la queue pour du pain. Elle était derrière moi. C’est arrivé si vite. Nous étions mariés depuis 29 ans. Elle s’appelait Milatovana. On aurait fêté nos 30 ans de mariage cette année. »

— Photo OCHA/PAX/Dirk-Jan Visser

#3

UNOCHA_logo_coreResp-03Ne laisser personne de côté

Pour honorer notre engagement de ne laisser personne de côté, il faut pouvoir venir en aide à tous ceux qui sont victimes d’un conflit ou d’une catastrophe ou en situation de vulnérabilité et de risque.

L’une des conséquences les plus visibles des conflits, des violences et des catastrophes est le déplacement massif de civils à l’intérieur des pays ou au travers des frontières, souvent pour des périodes prolongées. De plus en plus de migrants traversent aussi les frontières internationales à la recherche d’une protection et d’une vie meilleure.

Les femmes et les filles, notamment, peuvent être victimes de multiples formes de discrimination dans les situations de crise, si elles sont déplacées, migrantes, membres de minorités ethniques, mères célibataires, apatrides ou handicapées. Elles continueront d’être laissées pour compte, si leur voix n’est pas entendue, leurs capacités ne sont pas reconnues et la possibilité leur est refusée d’influencer la prise de décisions et d’y participer.

On dénombre aussi beaucoup d’autres laissés-pour-compte en cas de conflit et de catastrophe et même en temps de paix. Les personnes handicapées et les personnes âgées − souvent diminuées par des troubles physiques et mentaux et une mobilité réduite et stigmatisées et exclues par la société –comptent parmi les plus marginalisées.

Ne laisser personne de côté est une aspiration essentielle de la plupart des chartes politiques, éthiques ou religieuses et a toujours été au cœur de l’impératif humanitaire. Cet engagement occupe une place centrale dans le Programme 2030, qui nous investit tous d’une nouvelle mission, à savoir venir en aide en priorité aux victimes d’un conflit ou d’une catastrophe et à toutes les personnes en situation de vulnérabilité et de risque, de façon à ce qu’elles puissent tirer parti du développement durable à long terme et y contribuer.

03-21-ocha-DhakalLe Docteur Bishal Dhakal a été parmi les premiers à se mobiliser après le tremblement de terre qui a frappé le Népal, le 25 avril 2015. Il a notamment participé aux efforts visant à réunir des volontaires. Deux jours après le séisme, il avait recruté 10 personnes; cinq jours après le séisme, il avait réuni 2.000 volontaires. Il a également contribué à récolter des biens et de l’aide pour un montant de 1,6 million de dollars.

— Photo : Dr. Bishal Dhakal

#4

UNOCHA_logo_coreResp-04Améliorer les conditions de vie – fournir une aide ne suffit plus, il faut mettre fin au dénuement

 

Mettre fin au dénuement suppose le renforcement des systèmes locaux, l’anticipation des crises et le dépassement du clivage aide humanitaire-développement.

L’adoption des objectifs de développement durable (ODD) marque l’ouverture d’une nouvelle période de coopération nationale et internationale; ces objectifs offrent un cadre détaillé de résultats, jusqu’en 2030, qui est véritablement novateur pour tous les acteurs qui s’efforcent de satisfaire les besoins des individus. Le succès est maintenant défini par la réalisation de réductions mesurables du risque et de la vulnérabilité auxquels sont exposées les populations et par la capacité de celles-ci de devenir autonomes, et non pas simplement de satisfaire leurs besoins élémentaires année après année. Cela revient à mettre l’individu et son appartenance à l’humanité au centre de tous nos efforts.

03-21-unwomen-vietnam

Pour des millions de personnes qui vivent dans les régions rurales du Viet Nam, les changements climatiques peuvent avoir des conséquences mortelles. Les femmes sont particulièrement touchées. Ranh Nguyen, une agricultrice âgée de 35 ans, a rejoint l’initiative de l’ONU visant à renforcer le rôle des femmes dans la prévention des risques et la gestion des catastrophes. « Grâce à une bonne préparation et à une cartographie détaillée que nous avons réalisée avant chaque tempête, nous sommes parvenus à réduire le nombre de blessés ou de tués l’an dernier », a-t-elle expliqué.

— Photo : ONU Femmes

#5

UNOCHA_logo_coreResp-05Investir dans l’humanité

Accepter et assumer nos responsabilités communes envers l’humanité, c’est aussi consentir des investissements sur les plans politique, institutionnel et financier.

Pour honorer les quatre grandes responsabilités précédentes, il faut en accepter une cinquième : investir dans l’humanité. La communauté internationale doit désormais mettre ses moyens, ses compétences et ses ressources au service de ceux qui sont dans le besoin : contribuer à leur sécurité, respecter leur dignité, favoriser leur autonomisation et leur permettre de s’épanouir. Il faudra investir davantage dans l’humain pour permettre aux individus, aux ménages, aux collectivités locales et à la société civile de gérer eux-mêmes les risques auxquels ils doivent faire face. Il faudra aussi investir davantage, de manière prévisible et à long terme, dans la prévention et la réduction des causes de la souffrance.

03-21-ocha-darfur

« Les nouvelles pompes à eau solaires ont changé nos vies », a déclaré Al Tayeb Idris, un enseignant et un membre du comité de gestion de l’eau à Azerni, dans l’ouest du Darfour, au Soudan. « Le pompage se fait maintenant tous les jours. Avant, nous avions de la chance s’il fonctionnait deux fois par semaine, en raison du coût et du manque de fiabilité du système motorisé. »

Ce projet a été financé par le Fonds pour le Soudan géré par OCHA. « Le manque d’eau était par le passé une source de friction qui entraînait  souvent de la violence entre les habitants d’Azerni et la population nomade saisonnière », a déclaré Abdul Malik, chef du village (de Azerni). « Depuis que nous utilisons les pompes à eau solaires, nous avons assez d’eau pour la partager avec les nomades et les relations sont désormais plus harmonieuses. »

— Photo : OCHA/Soudan