Nous n’avons qu’une planète, « Il n’y a pas de planète B », comme l’a dit le Président français Emmanuel Macron devant le Congrès américain en avril 2018.

La planète sur laquelle nous vivons est le théâtre d’un équilibre naturel et écologique qui, tout en ayant connu des épisodes ayant entrainé des changements, nous a permis de vivre et d’évoluer. Mais la révolution industrielle, le passage à une agriculture intensive, l’accroissement des transports – pour n’en citer que quelques-uns – sont autant d’éléments qui affectent depuis des décennies notre environnement au sens le plus large du terme.

Le changement climatique a des conséquences sur l’ensemble du spectre des activités humaines : nourriture, habitat, santé, éducation, pauvreté, paix … et leurs corollaires qui que sont les migrations, la durée et qualité de vie, le commerce, les droits de l’homme entre autres.

L’alarme a été donnée il y a des années, et des actions à tous les niveaux – individuel, régional, national, international – ont été prises pour enrayer la détérioration climatique et environnementale qui menace l’équilibre de plus en plus précaire de notre planète.

On peut se rappeler les innombrables initiatives lancées par la famille des Nations Unies.

Parmi elles, rappelons pour mémoire l’appel lancé par le Secrétaire général António Guterres lors de la Journée internationale de la couche d’ozone, le 16 septembre dernier : « En un peu plus de trente ans, le Protocole de Montréal n’a pas seulement permis de réduire le trou dans la couche d’ozone : il nous a montré que la gouvernance environnementale pouvait apporter des solutions aux problèmes mis en lumière par la science et que les pays pouvaient s’unir pour surmonter ensemble leur vulnérabilité […] C’est dans ce même esprit que je souhaite que nous fassions cause commune et, surtout, que nous nous mobilisions davantage pour appliquer l’Accord de Paris sur les changements climatiques et mener l’action climatique ambitieuse dont nous avons besoin de toute urgence ».

Au même moment se terminait à San Francisco un sommet international sur l’action pour le climat qui rassemblait de très nombreux acteurs non-étatiques (chefs d’entreprises, ONG, maires, activistes, etc.) pour réfléchir sur l’orientation à donner à l’éconmie et à notre monde pour qu’il soit plus durable.

Réduire la « poussée de fièvre » dès maintenant

Le 7 octobre 2018 a été approuvé le rapport sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C (et non à 2 °C) produit par le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), par ailleurs lauréats du Prix Nobel de la paix en 2007. L’événement s’est déroulé à Incheon en Corée du Sud.

Selon ces experts, il faut modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société pour enrayer l’augmentation des températures et ainsi le risque associé à des changements pérennes ou pire, irréversibles.

Avec un réchauffement limité à 1,5 ºC, le niveau de la mer à l’échelle de la planète d’ici à 2100, serait, inférieur de 10 cm à celui qui risquerait d’être enregistré s’il était limité à 2 °C. La probabilité que l’océan arctique soit libre de glace en été serait d’une fois par siècle si le réchauffement est limité à 1,5 °C, mais d’au moins une fois tous les dix ans s’il est limité à 2 °C. Avec un réchauffement de 1,5 °C, 70 à 90 % des récifs coralliens disparaîtraient, alors qu’avec un réchauffement de 2 °C, la quasi-totalité (> 99 %) serait anéantie.

Les experts ont aussi étudié un certain nombre de solutions susceptibles d’enrayer le réchauffement climatique, l’une d’elles étant la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 45% en 2030, sur la base des niveaux de 2010.

Comme l’indique Priyardarshi Shukla, membre du GIEC, « la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C et non à 2 °C minimiserait les effets, lourds de conséquence, sur les écosystèmes, la santé et le bien-être des populations, et il serait ainsi plus facile d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) définis par les Nations Unies ».

Il n’est pas impossible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, selon le rapport du GIEC [en anglais], mais cela demandera une action climatique urgent, collective et sans précédent. Il n’y a plus de temps à perdre, comme l’a rappelé le Secrétaire général António Guterres.

L’environnement au cœur d’un Prix Nobel … d’économie

Le comité Nobel a attribué le prix d’économie à deux américains, William Norhaus et Paul Romer, pour leurs recherches sur le climat.

Le cadet des Prix décernés au nom de l’inventeur de la dynamite (entre autres inventions parmi les 350 dont il a été l’auteur de son vivant), créé en 1969, a été remis pour la première fois à des chercheurs travaillant sur des sujets en lien direct avec l’environnement : les deux économistes ont en effet intégré les changements climatiques et l’innovation technologique à leurs complexes équations de l’analyse macroéconomique. Selon l’Académie Nobel, « leurs conclusions ont considérablement élargi le champ de l’analyse en permettant l’élaboration de modèles qui expliquent comment l’économie de marché interagit avec la nature et le savoir ».

Le changement climatique n’est pas une question à la mode, c’est une question de survie, dont les conséquences ont été scientifiquement prouvées et dont nous voyons les effets dans toutes les régions du monde, souvent en regardant tout simplement par la fenêtre. Il est grand temps aujourd’hui que nous, les Humains, prenions réellement conscience de la grande beauté et de la grande fragilité de notre environnement que nous devons cesser de prendre pour acquis et que nous devons préserver pour l’humanité.

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » – Antoine de Saint-Exupéry.