Célébrer nos propres jeunes agents de paix

Jun 3, 2021

À l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus de l’ONU (29 mai), nous avons rendu hommage à tout le personnel en uniforme et civil qui servent dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Cette journée est une opportunité de saluer leur précieuse contribution au travail de l’Organisation et de rendre hommage aux plus de 4 000 Casques bleus qui ont perdu la vie en servant sous le drapeau des Nations unies.

Le thème de cette année, « La route vers une paix durable : puiser dans la force des jeunes pour la paix et la sécurité », met en évidence le rôle vital des jeunes dans les processus de paix, comme le reconnaît la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Composée de cinq piliers — la participation, la protection, la prévention, le partenariats et le désengagement et la réintégration — cette résolution importante affirme la contribution essentielle des jeunes (définis comme des personnes âgées de 18 à 29 ans) dans la promotion d’une paix durable. Cette résolution exhorte également les États Membres à augmenter la représentation des jeunes dans les sphères de prise de décision et à mettre en place des mécanismes pour garantir une inclusion significative des jeunes dans la construction et le maintien de la paix.

Tout au long du mois de mai, nous avons célébré les contributions de la jeunesse locale ainsi que celles des jeunes Casques bleus qui se consacrent à la promotion d’une paix durable. Leurs travaillent est devenu encore plus critique cette année en raison du COVID-19. En milieu de cette période d’incertitude mondiale, nos jeunes Casques bleus ont non seulement continué à appliquer leurs mandats, mais ont aussi appuyé les efforts nationaux et locaux pour empêcher la propagation du virus.

Nous avons demandé à certains d’entre eux de partager ce qu’ils aiment le plus dans le service pour la paix et ce qu’ils ont appris grâce à leur expérience sur le terrain. Allons-y sur un voyage virtuel à travers 8 missions de maintien de la paix pour rencontrer certains de nos jeunes et audacieux agents de la paix et apprendre à connaître leurs histoires.

MINUSCA en République centrafricaine

De haut à gauche en bas à droite : Nema Naslova, Merveille-Noella Mada Yayoro, Oumarou Moussa, Mevoa Ndjana Solange (Photos : MINUSCA)

Notre premier arrêt est en République centrafricaine, où nous rencontrons Mevoa Ndjana Solange (24 ans), un officier de police. Originaire du Cameroun, son rôle consiste à aider les communautés à travers des patrouilles de proximité et de sécurité. Son enthousiasme vient du fait qu’elle peut collaborer avec des personnes d’autres nationalités et découvrir le monde. Oumarou Moussa (28 ans) occupe un poste critique dans la mission en tant que gestionnaire de base de données. Les données et la visualisation des données ont une partie intégrante du succès des missions de maintien de la paix des Nations Unies. C’est Oumarou, avec le reste de l’équipe du Centre commun d’analyse de la mission, qui garantit que les informations sont diffusées de manière précise et en temps opportun. À son travail, dans une station de radio locale, la journaliste / productrice Merveille-Noella Mada Yayoro, âgée de 28 ans, est chargée d’éduquer ses auditeurs sur des sujets importants, en particulier la COVID-19. Son moment préféré de son travail est quand elle est sur le terrain et le fait de se sentir plus proche des gens. De la même manière, Nema Naslova (28 ans), une casque bleu de la MINUSCA, reste reconnaissante pour la paix intérieure qu’elle ressent après avoir aidé les autres. Elle aime son travail d’infirmière car « on apprend de nouvelles choses tous les jours et les opportunités de croissance sont presque illimitées », dit-elle.

MONUSCO en République démocratique du Congo

De haut à gauche en bas à droite : Chris Shandu Sbongakonke, Sosthene Olenga, Phelisa Frida Miya, Carolina Meroni (Photos : MONUSCO)

En RDC, nous rencontrons l’une des rares femmes parachutistes au monde, Phelisa Frida Miya (28 ans), qui se sent fière d’exceller dans un domaine dominé par les hommes. Carolina Meroni (25 ans), responsable des rapports sur la protection de l’enfance et de la base de données, admet que sa décision de devenir soldat de la paix a été grandement influencée par sa passion de travailler pour et avec les enfants. Voir l’impact de son travail dans des situations de conflit est ce qui la pousse à continuer de servir pour la paix malgré l’adversité. Son collègue sud-africain de 27 ans, Chris Shandu Sbongakonke, est déployé comme carabinier et trace des itinéraires pour des patrouilles ou des missions et, par conséquent, interagit beaucoup avec les habitants. Cela lui permet de comprendre la diversité culturelle en RDC et de trouver de meilleurs moyens de promouvoir la paix dans la région. Sosthène Olenga a été en première ligne dans cette pandémie, car les restrictions imposées ont accru le besoin d’une connexion Internet stable et fiable. Pendant tout ce temps, le technicien informatique de 28 ans et son équipe ont travaillé sans relâche pour assurer une bonne connexion internet pour tous les membres du personnel. Enfin, Gabriella Davida Ginsberg Fletcher (29 ans) travaille avec les ex-combattants et ceux à risque d’être recrutés par des groupes armés pour appuyer leur réintégration dans leurs communautés. « Je pense qu’il existe des opportunités pour nous de réduire la violence dans les communautés et de soutenir la consolidation de la paix en RD Congo », dit-elle.

Gabriella Davida Ginsberg Fletcher (centre) (Photo: MONUSCO)

MINUSMA au Mali

De haut à gauche en bas à droite : Ndieng Birame, Mary Ofori Amponsah, Lt. Kossi Gavon, Sira Bojang (Photos : MINUSMA)

Au Mali, nous rencontrons Sira Bojang, 29 ans, de Norvège, qui travaille comme formatrice de police en gestion de scènes de crime. Pour Sira, servir comme casque bleu lui a appris à ne pas prendre les choses pour acquises et cela a stimulé sa créativité. Son collègue Ndieng Birame (29 ans) explique que ce sont les sourires sur les visages des enfants et des communautés qu’il sert qui le rendent le plus fier de son travail en tant qu’officier opérationnel de la police de la FPU. Interrogée sur son travail à la MINUSMA, Mary Ofori Amponsah (28 ans) souligne qu’en tant qu’assistante en santé et sécurité, elle a joué un rôle crucial pendant la pandémie pour assurer un environnement de travail sûr et sain pour chaque membre du personnel. Enfin, le lieutenant Kossi Gavon qui, à 24 ans, est le plus jeune membre de son bataillon, déclare que servir pour la paix est un immense honneur, surtout en ces temps de difficulté.

FNUOD au Golan

De gauche à droite : Sumitra KC et Prvt. Hector Prieto (Photos : FNUOD)

Au Golan, le soldat Hector Prieto (23 ans) de l’Uruguay confirme qu’il ne s’est jamais senti découragé par les défis quotidiens d’être un Casque bleu. Les difficultés auxquelles il est confronté le motivent à travailler encore plus et à s’adapter à toutes les conditions. Son compatriote, 2/Lt. Martin Acosta (26 ans) ajoute que ce qu’il apprécie le plus, c’est l’appréciation qu’il reçoit dans l’exercice de ses fonctions : « les gens croient vraiment à la signification de l’emblème et du drapeau des Nations unies. Je peux voir l’espoir dans les yeux des enfants quand nous passons et l’appréciation dans les visages des gens ». Leur collègue, l’Adjudant Sumitra KC, est un autre membre précieux de l’équipe dont la contribution a été cruciale, surtout au cours de la pandémie de la COVID-19. L’infirmière népalaise de 27 ans fournit des services de santé 24h/24 et 7j/7. Pendant la crise de la COVID-19, elle a non seulement aidé à lutter contre la propagation du virus, mais aussi elle a réussi à susciter un sentiment de confiance au sein de la mission et de la communauté locale.

2/Lt. Martin Acosta (Photo: FNUOD)

UNFICYP à Chypre

De haut en bas à gauche : Caporal suppléant Scott Lees, Cpl Tamara Giselle Rafael Quinteros, Prvt. Arvin Lorenzo, Prvt. Romina Vachulíková (Photos : UNFICYP)

L’UNFICYP accueille l’un de nos plus jeunes Casques bleus, le caporal suppléant Scott Lees. Lees a pris la décision audacieuse de quitter le Royaume-Uni à seulement 22 ans pour travailler dans la réserve de la force mobile. Il explique qu’il est heureux de la responsabilité qui lui est confiée, ainsi que de la liberté associée à ses fonctions de maintien de la paix. Interrogée sur ce qu’elle apprécie le plus en tant que soldat de la paix, la collègue de Lees, Romina Vachulíková, explique qu’elle adore explorer de nouvelles cultures et rencontrer de nouvelles personnes. Vachulíková aimerait saisir d’autres opportunités dans le domaine du maintien de la paix sur base de son expérience actuelle en tant que garde. L’exploration de différentes cultures est également l’un des aspects que le soldat Arvin Lorenzo apprécie le plus en tant qu’officier de patrouille de l’UNFICYP. Le casque bleu bélizien de 24 ans souligne la nécessité d’une communication efficace tenant compte des sensibilités culturelles. « Parler avec douceur et avoir une manière de parler que les gens ne ressentent pas comme sévère est très important tout au long de ce travail », dit-il. L’histoire de la caporale argentine Tamara Giselle Rafael Quinteros (27 ans) montre l’esprit de sacrifice qu’il faut pour servir dans le maintien de la paix, car nos Casques bleus doivent souvent passer plusieurs mois loin de leurs familles. Bien qu’elle ne soit pas avec ses proches, et en particulier sa fille de 4 ans, elle apprécie son déploiement à Chypre et reste fermement attachée à l’objectif primordial de la mission consistant à aider à maintenir la paix et la stabilité sur l’île.

FINUL au Liban

De haut à gauche en bas à droite : Emanuele Pierro, Amer Maroun, Chiara Ghirri, 1er Cpl. Norma Maribel Bolanos (Photos : FINUL)

Amer Maroun (28 ans) reste passionné par son métier d’électricien malgré la COVID-19. Ce qui l’enthousiasme le plus est la commande des projets solaires et la contribution à un avenir plus durable pour les populations locales. Pour Emanuele Pierro, porter le casque bleu est une expérience profondément gratifiante et enrichissante. À seulement 22 ans, le carabinier italien appuie les efforts de son équipe pour lutter contre le virus dans les communautés locales. Son collègue, 1er Cpl. Norma Maribel Bolanos (24 ans), dit que travailler comme Casque bleu lui a appris l’importance du désir de paix des citoyens. Originaire d’El Salvador, elle a déménagé au Liban pour appuyer la promotion d’un avenir prospère pour le pays. Elle admet que ce qui alimente sa motivation à servir la paix, c’est la gentillesse des populations locales. En termes de motivation, ses deux collègues, la conductrice Chiara Ghirri (24 ans) et la responsable logistique Aleksa Vucic (27 ans), affirment aimer apprendre. « Chaque jour est pour moi une occasion de m’améliorer », dit Chiara, tandis que Aleksa ajoute qu’être un soldat de la paix est une véritable expérience d’apprentissage qui lui fournit des connaissances et des compétences utiles.

Aleksa Vucic (Photo: FINUL)

MINUSS au Soudan du Sud

De haut en bas à gauche : Subhonzoda Abdumannon, Kirti Kler, le capitaine Jinha Kim, Nanah Kamara (Photos : MINUSS)

Nanah Kamara (28 ans) de Sierra Leone dit que le maintien de la paix lui a inculqué le respect de la diversité. « Travailler dans une communauté où vous devez interagir avec différentes personnes d’horizons variés n’est pas facile. Cela m’a rendu plus tolérante et patiente », explique-t-elle. Son collègue, le capitaine Jinha Kim (28 ans), avec une formation en génie aérospatial, admet qu’il a dû s’adapter et grandir dans un environnement multiculturel, un défi qui a été une expérience d’apprentissage inoubliable. Leur collègue Subhonzoda Abdumannon (28 ans) déclare qu ‘ «il n’y a pas de substitut à la vraie gentillesse et aux véritables soins » et révèle que servir les autres est ce qui le rend plus enthousiasmé par son travail de policier dans la mission. La responsable des affaires civiles et volontaires des Nations unies, Kirti Kler (27 ans), affirme que l’aspect le plus important de son travail est son approche centrée sur les personnes. Pour elle, ce sont souvent les communautés elles-mêmes qui apportent des solutions aux problèmes.

MINUK au Kosovo

De gauche à droite : Sebastian Denton et Trushaa Castelino (Photos : MINUK)

« Je me suis toujours considéré comme une “personne de terrain” », affirme Oksana Siruk (28 ans), spécialiste adjointe des droits de l’homme à MINUK. Elle explique qu’elle est véritablement motivée par la compréhension des problèmes et l’identification de solutions pour les personnes sur le terrain. Son collègue, Sebastian Denton, quant à lui, a un rôle différent mais tout aussi critique ; le responsable des affaires politiques, âgé de 28 ans, peut ne pas traiter directement avec le terrain, mais il assure la liaison avec le secrétariat des Nations unies à New York pour tenir les gens informés des derniers événements politiques. Enfin, leur collègue Trushaa Castelino (28 ans) d’Inde dit que le maintien de la paix l’a aidée à comprendre qu’il faut de l’innovation et de la volonté pour briser les cycles et identifier des solutions créatives aux problèmes quotidiens.

Oksana Siruk (à gauche) (Photo : MINUK)


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